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Publié : 15 juin

Séquence autour de la musique africaine "semaine 4"

Petit tour d’horizon de musiques des différentes régions d’Afrique

Cette nouvelle séquence nous emmènera en Afrique de l’Ouest.



Semaine 1






Commençons par un peu de géographie : l’Afrique de l’Ouest (ou Afrique occidentale) est un territoire composé de pays qui possèdent des influences et un héritage communs : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, îles du Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo, Tchad. (Les pays en gras sont d’anciennes colonies françaises).


En Afrique, la musique est une histoire de tradition qui se transmet de générations en générations, uniquement par transmission orale (on n’utilise pas de partitions). Elle varie selon les régions et les ethnies.


La musique est au cœur de la vie quotidienne et sa pratique est collective et spontanée. Chaque évènement est accompagné par des instruments, des chants et des danses (un mariage, une naissance, en enterrement, la chasse, l’abattage du bétail, une berceuse, les travaux des champs...)


1) La musique instrumentale



a) Les familles d’instruments


Il existe de très nombreux instruments en Afrique. Pour simplifier leur classement, on utilise les familles suivantes :

Cordophones : instruments qui utilisent des cordes (ex : Kora)
Aérophones : instruments dans lesquels on souffle (ex : flûtes)
Idiophones : instruments de percussions rigides (Balafon, Sanza)
Membranophones : instruments de percussions qui utilisent une membrane/peau (ex : Djembé)


Pour en savoir davantage, visite ce site sur les instruments de musique africains


Et regarde cette vidéo sur la musique africaine :




En Afrique, les tambours sont de véritables outils de communication à distance. Instruments « parlants », ils transmettent des messages selon des codes très précis : tel rythme retentira pour appeler les hommes à la construction de chemins ruraux ; lors du décès d’un membre d’une famille royale d’Afrique occidentale, le nom du défunt sera épelé dans un message tambouriné : les sons modulent suivant la tension des membranes. C’est le cas du kalungu du Nigeria, appelé également « le tambour parlant »




b) Maintenant, écoute attentivement cette musique : "Favreau " de Sungalo Coulibaly (musicien originaire du Mali)




c) Puis Réalise ces 2 applis. Prends une photo de la seconde appli et envoies-moi ton travail par mail : virginie.lartigot@ac-besancon.fr







Ce que je retiens sur les caractéristiques de la musique instrumentale africaine :
Le rythme prédomine avec l’utilisation de nombreuses percussions.
La polyrythmie : Superpositions de rythmes joués en même temps.
l’importance de l’ostinato(motif mélodique ou rythmique qui se répète inlassablement) : dans les tribus africaines, les musiques ont une grande importance à l’intérieur de leurs cultes idolâtres. Elle permet d’entrer en transe grâce à la répétition rythmique de la musique.


Semaine 2



2) culture générale : le rôle du griot en Afrique de l’Ouest


a) Généralités


Le griot ou griote (ou "djéli" ou "djali") est un musicien et conteur traditionnel qui véhicule oralement, de génération en génération, la mémoire collective (culture et histoire) du peuple de l’Afrique de l’Ouest. Le griot anime les fêtes familiales en chantant, jouant, contant les histoires de ses ancêtres. Il gagne sa vie en se déplaçant de village en village. Il chante généralement accompagné d’instruments, comme la kora, le balafon ou le luth djeli n’goni, souvent construits à l’aide de calebasses*. Son rôle est très important au sein de la communauté, puisqu’il a aussi un rôle de médiateur (il intervient dans les conflits) et d’éducateur.

Le griot appartient à une caste : ne pourra être griot que celui dont le père l’était. Tout enfant est initié dès son plus jeune âge aux techniques et aux savoirs de sa caste. Les familles de griots peuvent être spécialisées en histoire du pays et en généalogie, en art oratoire, en pratique musicale, ou pratiquer les trois, en fonction de l’habileté de chaque griot. Le griot bénéficie d’une grande liberté d’expression dans ses opinions, sans risque de représailles, du fait que toute fonction politique lui est interdite.




La calebasse est une grosse courge aux parois dures (qui peut atteindre 1 mètre de diamètre), séchée et vidée qui, en Afrique notamment, sert de récipient, d’ornement et de caisse de résonance pour de nombreux instruments de musique.


Galerie d’images d’objets réalisés avec une calebasse


instruments africains construits avec des calebasses



Dans cette vidéo, tu comprendras encore mieux comment utiliser ces instruments.




b) Présentation d’un griot célèbre : Toumani Diabaté


Toumani Diabaté est né en 1965 à Bamako au Mali. Il est issu d’une famille de griots exceptionnels et joueurs de kora. Son père, Sidiki Diabaté né en Gambie, joueur de kora connut une notoriété légendaire dans l’Ouest de l’Afrique (1922-1996). Toumani a appris à jouer de la kora dès l’âge de 5 ans. Il joue souvent en duo avec son fils, Sidiki junior (né en 1992)


Toumani et son fils Sidiki junior Diabaté jouant ensemble de la kora.




Il a collaboré avec la chanteuse Kandia Kouyaté, avec Ballaké Sissoko (autre grand joueur de Kora), Taj Mahal (musicien de blues américain) , ainsi qu’avec Ali Farka Touré (1939-2006 ; guitariste et chanteur malien) avec qui il produit en 2005 un album "In the Heart of the Moon". La chanson Tapha Niang fait partie de la bande originale du jeu vidéo "LittleBigPlanet" sorti en 2008.
Toumani et Sidiki Diabaté ont collaboré avec -M- (Mathieu Chedid) en formant le groupe "Lamomali"en 2017.


Toumani Diabaté et Ali Farka Touré, en concert en 2005.




La musique "Tapha Niang" a servi dans le jeu vidéo "the little big planete".




"Manitoumani" du groupe "Lamomali" (Toumani et Sidiki Diabaté -M- et Fatoumata Diaxara (chanteuse malienne).




Toumani Diabaté se mobilise pour aider à la préservation de l’héritage de la musique de la kora traditionnelle au Mali et pour éduquer les générations futures à conserver leur riche patrimoine musical.


Réalise ces 2 applis, l’une sur les instruments africains, l’autre sur le rôle du griot en Afrique de l’Ouest






Semaine 3



3) La musique vocale


a) Audition de "Adjiman mo"


Voici un chant traditionnel africain, chanté en langue Akan (langue parlée au ghana et en Côte d’Ivoire par près de 8,3 millions de personnes), qui date de l’époque des travaux forcés en Côte dIvoire (après l’abolition de l’exclavage en 1848 et jusqu’ en 1946).
Le mot Adjiman signifie "travail" et mo "continue"


Commence d’abord par écouter une fois la chanson puis réponds à l’appli pour analyser cette chanson.






b) Audition de "Lale Kouma" de Lamine Konté (Sénégal)


Issu d’une grande famille de griots, Lamine Konté (1942-2007) est très tôt initié à la kora et à la chanson dans la pure tradition mandingue par ses parents, dont son oncle, alors maître incontesté de sa région natale, Sédhiou. le griot jouant un rôle de « transmetteur » de valeurs, les thèmes récurrents de ses chansons sont la paix, le dialogue et la communication.


Commence d’abord par écouter une fois la chanson puis réalise les 2 applis pour analyser cette chanson.




Cette première appli te permettra d’analyser cette chanson en détail.




Cette seconde appli est un texte à trous, qui résume l’essentiel de ce que tu viens d’analyser.Inutile de m’envoyer une photo de cette seconde appli !!!




Tu peux élargir tes connaissances en écoutant encore d’autres musiques d’Afrique de l’Ouest, basées sur la technique responsoriale.


Dans cette vidéo, tu écouteras d’autres exemples de chants de travail africains, basés sur la technique responsoriale entre un soliste et un choeur. Ces chants répétitifs et entrainants permettent de maintenir une cadence de travail régulière.










Pratique d’une polyrythmie avec "Kalimba"




Semaine 4



4) Petit tour d’horizon de quelques musiques représentatives des autres grandes régions d’Afrique






a) L’ Afrique centrale et Les chants pygmées


Les pygmées sont l’une des plus anciennes populations africaine vivant en forêt équatoriale. C’est un peuple semi-nomade de chasseurs-cueilleurs.


Comment vivent les pygmées ?






Selon une étude, Les pères Aka passent plus de temps en contact étroit avec leurs enfants que ceux de toute autre société. Ils donnent aussi le sein aux bébés pour les calmer en l’absence de leur mère. De plus, les liens entre époux sont très forts, la mère et le père partagent la chasse, la préparation de la nourriture, les activités sociales et les loisirs.


Le mode de vie des pygmées Aka a été fortement perturbé par les récents changements en République centrafricaine. La raréfaction du gibier due à la déforestation, l’exode rural et la folklorisation de leur patrimoine à des fins touristiques comptent parmi les principaux facteurs entraînant la disparition progressive de nombre de leurs coutumes, rituels et savoir-faire traditionnels.


Et quand est-il de leur musique ?

Les pygmées Aka établis dans le sud-ouest de la République centrafricaine ont élaboré une tradition musicale vocale particulière : une forme complexe de polyphonie à quatre voix, maîtrisée par l’ensemble des membres de la communauté. Reposant exclusivement sur la transmission orale, les pygmées Aka ont su préserver leur savoir dans l’ensemble de la communauté en associant les enfants à tous les rituels dès leur plus jeune âge.
Les traditions orales du peuple Aka font partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2003.






Le Jodel est un chant sans texte et vocalisé sur des sons sans signification. Cette pratique populaire est utilisée dans de nombreuses régions du monde : En Afrique centrale par les Pygmées mais aussi en Chine, en Suisse et en Allemagne. Pour ce faire, l’interprète passe très rapidement de la voix de poitrine (registre normal) à la voix de tête (registre très aigu) sans marquer d’arrêt.


b) Les musiques d’Afrique du Nord

(l’Algérie, l’Egypte, la Lybie, la Mauritanie et la région du Soudan, le Maroc, la Tunisie et l’ouest du Sahara)


La zone est grande, la diversité aussi. Les musiques de ces régions trouvent leur source dans les cultures perse, arabe et turque. Les langues sont souvent celles des pays d’origine ou le français, surtout pour le raï d’Algérie.


Un exemple : la musique raï. Elle apparaît au début du 20eme siècle en Algérie. A cette époque, c’est un mélange de musique populaire et de musique des bédouins.
Mais à partir des années 1970, des artistes comme Ahmad Baba Rachid ont l’idée de mélanger le raï traditionnel avec les sonorités pop modernes.


L’explosion du raï a lieu dans les années 90 avec Cheb Khaled, qui sera plusieurs fois dans les meilleures ventes. Des artistes américains travailleront un temps avec des artistes raï, au moment ou la « world music » connaît une grande popularité ; Pour ex : Sting et Cheb Mami pour la chanson “Desert Rose”.
Dans les années 2000, le raï fusionnera avec le R&B et le rap.
Les grands noms du raï : Cheb Mami, Cheb Khaled, Cheb Hasni, Rachid Taha, Cheb Bilal…






c) La musique d’Afrique de l’Est


Les tambours du Burundi , à peux de vache, sont des instruments à percussion traditionnels qui occupent une place mythique dans la culture burundaise et incarnent la force et le pouvoir. Issus d’une tradition royale, ce sont des objets sacrés, réservés aux événements exceptionnels et ne sont joués que pour le roi.
La « danse rituelle au tambour royal » , spectacle associant le son du battement des tambours à des danses, de la poésie héroïque et des chants traditionnels est inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco en 2014.




d) La musique d’Afrique du Sud


- Un instrument typique en Afrique du Sud : La vuvuzela
C’est une corne d’environ 70 centimètres de long, popularisée dans les années 1990 par les supporters des deux clubs de football de Soweto en Afrique du Sud . Elle a acquis une renommée internationale lors de la Coupe des confédérations 2009 et fut omniprésente lors de la Coupe du monde de football de 2010, organisées toutes les deux par l’Afrique du Sud, et devenant un symbole de la Coupe du monde 2010, en même temps qu’un sujet de controverses à cause du bourdonnement incessant qu’elle génère.






La musique sud-africaine est le fruit de l’influence des colonies européennes qui ont laissé des empreintes profondes dans le pays et les différentes immigrations occasionnées par cette période. Ainsi l’Afrique du Sud se voit doter de plusieurs styles musicaux qui varient en fonction de ses différentes ethnies.


La musique zoulou


Les Zoulous sont un peuple bantou d’Afrique, en partie sédentarisé, qui se trouve principalement en Afrique du Sud.
Ils ont développé une tradition vocale extraordinaire. Cette tradition a évolué, intégrant les chants religieux à quatre voix apportés par les colonisateurs européens. Siyahamba, un chant traditionnel zoulou, s’inscrit dans le courant des chants de dévotion a cappella. Ses paroles signifient « Nous marchons dans la lumière de Dieu ».
La musique et la danse zouloues ont été mondialement diffusées notamment grâce aux reprises de chansons traditionnelles (comme The Lion Sleeps Tonight) et l’artiste international Johnny Clegg.




Ladysmith Black Mambazo est un célèbre représentant de l’Acapella ou de l’Isicathamiya. C’est le style particulier zoulou : la voix seule crée l’harmonie